CONJONCTURE ÉCONOMIQUE. La récente embellie du climat général des affaires et des indicateurs macro-économiques semble raviver l’espoir d’une solide et enfin pérenne reprise économique en France.

L’économie mondiale reste sujette à de nombreuses incertitudes, mais un record est battu.

Au niveau mondial, l’économie a atteint un pic cet été avec une croissance du PIB de 4,3% l’an, un record depuis 2010. Certains éléments de contexte économique restent sombres comme l’effritement de quelques indicateurs de conjoncture aux États-Unis ou en Asie, ou encore un léger repli des marchés boursiers depuis août, mais globalement l’investissement et l’emploi sont au rendez-vous.

Aux Etats-Unis comme en Europe, le cycle est porteur avec une augmentation de l’investissement et un solde de créations nettes d’emploi positif. L’économie américaine créé ainsi plus de 150 000 emplois par mois, avec un taux de chômage record tombé à 4,4%.

L’amélioration sur le front de l’emploi semble se dessiner en France.

Chez nous, le modèle est différent ; la consommation soutient la croissance.

Encore en 2017, le déficit extérieur reste un point sensible. A nouveau creusé en juillet, il a atteint 6 milliards d’euros sur le mois, soit 1 milliard de plus qu’en juin, principalement sous l’effet de l’aéronautique et de la chimie, et ce, en dépit d’une meilleure balance sur l’automobile et l’énergie. Portées par l’amélioration mondiale, les exportations françaises pourraient finalement rebondir d’ici la fin de l’année.

Malgré tout, les prévisions officielles de croissance sont plus réalistes que jamais. Une croissance du PIB de 1,5%, voire légèrement supérieure, marquerait la fin d’une décennie de crise économique et financière. Si on rajoute à cet anticyclone un moral des patrons au plus haut depuis 10 ans, tous les indicateurs semblent revenir au vert.

Certes, cette amélioration n’a pas encore permis d’inverser totalement et durablement la courbe du chômage mais les derniers chiffres publiés par l’INSEE confirment l’accélération des créations d’emplois.

Enquête trimestrielle INSEE de l’emploi salarié Q2 2017

On confirme donc la tendance à la baisse du chômage initiée depuis deux ans. Au second trimestre 2017, ce sont près de 300 000 emplois qui ont été créés dans le secteur privé sur un an, soit une performance de 50% supérieure à 2015 et 2016. Le taux de chômage diminue ainsi de 0,5 point pour atteindre 9,2%.

Chose inédite, tous les secteurs d’activité bénéficient de cette amélioration. Le secteur de l’industrie est redevenu créateur d’emplois, une configuration très succinctement observée uniquement en 2011 ou 2007. Côté BTP, on observe une première depuis plus de 5 ans. Après avoir connu une amélioration des mises en chantier et du moral des entreprises, le secteur recréé des emplois.

Un contexte inédit pour des mesures inédites.

C’est dans ce contexte porteur que le gouvernement vient d’annoncer 36 mesures visant à changer l’état d’esprit du code de travail, et à dynamiser un marché de l’emploi qui a longtemps pâti d’une inertie négative.

La réforme fait la part belle aux TPE et PME, qui représentent la quasi-totalité des entreprises en France, et la très grande majorité des emplois, donc des capacités à embaucher : 99,5% des entreprises en France, et 60% des salariés.

Le contexte international est inédit sur le plan économique et politique – élection de Trump à la Maison Blanche ou de Macron à l’Elysée – négociation du Brexit – élections fédérales allemandes et la liste n’est pas exhaustive.

Ces nouvelles mesures généreront-elles une dynamique intrinsèque positive de l’économie française ? Seront-elles capables de compenser les risques liés par exemple à la nouvelle appréciation de l’euro qui pèsera sur la compétitivité ? Et plus globalement, le cercle vertueux de créations d’emplois et de valeur va-t-il s’installer ?

Autant de réponses attendues dans les prochains mois !

 


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